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JACQUES EMILE BLANCHE (1861-1942)
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| Jacques Emile Blanche est le fils et petit-fils
des célèbres médecins aliénistes de la "Clinique
Blanche" qui eurent pour pensionnaires Gérard de Nerval et Maupasssant.
La clinique crée par le grand-père Esprit Blanche, sur la Butte Montmartre, fut transférée à Passy où elle acquit sa notoriété. Enfant de la grande bourgeoisie intelligente et raffinée du siècle, Jacques-Émile va lui-même traverser la fin du XIXe siècle et le début du XXe en côtoyant pratiquement "tout ce qui compte dans le monde des arts, des lettres et de l'esprit, avec cette pointe de snobisme britannique qui en fait une sorte d'embassadeur de la culture française en Angleterre. Avec une effet de réciprocité, car on le voit introduire les peintres anglais de sa génération en France. Cette action teintée de mondanité va porter préjudice a son oeuvre de peintre et, paradoxalement, l'isoler. Tout comme pour Caillebotte, le cliché de l'artiste miséreux va lui être fatal. On n'imagine pas que le talent puisse frapper un riche ou un mondain. Il faut qu'il y ait de la tragédie pour émouvoir le public : il croit volontiers qu'on ne crée que dans la douleur. Rien de tel chez Jacques-Émile Blanche, dont il faut regarder l'oeuvre sans préjugés. Celui qui fut, jeune, l'ami de Degas et des plus grands peintres de ce temps va aborder la peinture avec un mélange de liberté et de sévérité, un souci de clarté qui en fait un incomparable portraitiste. A l'époque des Boldoni, Sargent, La Gandara, il est sans doute celui qui a le plus scrupuleusement tenté de donner vie et fidélité à la confiance que lui accordent clients et amis posant devant son chevalet. Il cherche moins le style, se défiant de tout effet, pour atteindre une exactitude qui rejoint celle, toute en discrétion, de son modèle, Fantin-Latour, auquel il fait songer, tant par la mesure qu'il exprime que par le goût pour ce climat feutré, douillettement bourgeois. Il a composé une formidable galerie des gloires de son temps, d'André Gide à Jean Cocteau, en passant par Marcel Proust, la contesse de Noailles ou Maurice Barrès, René Crevel ou Raymond Radiguet et même, fortuitement, Mallarmé ou Pierre Louys, ce qui illustre bien l'étendue de son registre dans le temps. Tout comme Vuillard, il se plaît aux atmosphères de quiétude d'intérieurs qui sont ceux de sa propre vie. Témoin incomparable par le texte et l'écho de ses amitiés multiples et de qualité, il est un peintre scrupuleux, à l'audace modérée et à la sensibilité pudique. Il serait dommage pour l'histoire de l'Art et de la société de son temps, de laisser cette oeuvre dans l'ombre. Jean-Jacques Leveque ( le quatidien du médecin.)
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| Vous visiterez avec intéret le musée des Beaux-Arts de Rouen, http://www.rouen-musees.com/ aussi bien pour l'exposition permanente de Jacques-Émile Blanche que celle des prétendus "Pompiers", dont on aimerait qu'ils aient fait un peu plus école, ne serait-ce que pour la technique. Voir aussi le Musée Jacques Émile Blanche, Parc du Colombier à Offranville. tél. 02.35.85.40.42 (mairie) | ||||||||||||
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